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La jurisprudence

Jurisprudence sur la GPA à l'étranger : les décisions lues, de 2014 à 2026

Depuis 2019, la GPA pratiquée à l'étranger ne suffit plus, à elle seule, à refuser la transcription d'un acte de naissance étranger. Depuis 2024, la Cour de cassation traite aussi la reconnaissance des jugements étrangers de filiation (exequatur), et l'Assemblée plénière a tranché le 3 juillet 2026.

Ce que disent les textes

Les décisions ci-dessous ont été relues sur le texte intégral ou sur la fiche d'analyse de la décision, dans la base Juricaf (Cour de cassation) et dans HUDOC (Cour européenne des droits de l'homme). Un arrêt non relu n'est pas cité.

Les deux arrêts du 3 juillet 2026 portent sur des jugements de la Cour supérieure de justice de l'Ontario (Canada). Ils ne portent pas sur un jugement américain. Le raisonnement de la Cour est posé en termes généraux pour « une décision étrangère » qui établit une filiation à l'issue d'une GPA.

Les décisions

Décisions lues, de 2014 à 2026
Date et juridictionCe que la décision jugeSource
26 juin 2014
Cour européenne des droits de l'homme
n° 65192/11
Mennesson c. France
Le droit à l'identité, dont la filiation, fait partie du droit de l'enfant au respect de sa vie privée (article 8). La Cour de cassation s'y réfère dans son arrêt du 3 juillet 2026 (§ 10).
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10 avril 2019
Cour européenne des droits de l'homme
avis consultatif P16-2018-001
Avis sur la reconnaissance du lien entre l'enfant né d'une GPA à l'étranger et la mère d'intention
Une impossibilité générale et absolue d'obtenir la reconnaissance du lien avec la mère d'intention n'est pas conciliable avec l'intérêt supérieur de l'enfant. Les États choisissent la voie (transcription, adoption).
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4 octobre 2019
Cour de cassation, Assemblée plénière
pourvoi n° 10-19.053
Réexamen de l'affaire Mennesson
La naissance à l'étranger à l'issue d'une GPA ne peut, à elle seule, faire obstacle à la transcription de l'acte de naissance en ce qui concerne le père biologique, ni à la reconnaissance du lien avec la mère d'intention. Dans cette affaire, la transcription des actes déjà opérée n'a pas été annulée.
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18 décembre 2019
Cour de cassation, 1re chambre civile
pourvoi n° 18-11.815
Actes de naissance établis en Californie, deux pères
Ni la naissance à l'issue d'une GPA, ni la désignation du père biologique et d'un second homme comme parents ne sont des obstacles à la transcription, lorsque l'acte est probant au sens de l'article 47 du Code civil (version alors en vigueur).
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18 novembre 2020
Cour de cassation, 1re chambre civile
pourvoi n° 19-50.043
Acte de naissance établi en Colombie-Britannique, deux pères
Même solution que le 18 décembre 2019 : la transcription d'un acte probant, qui désigne le père biologique et un second homme, ne peut être refusée au seul motif de la GPA.
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3 novembre 2021
Cour de cassation, 1re chambre civile
pourvoi n° 20-50.005
Acte de naissance dressé en exécution d'une réquisition du procureur étranger
Un acte de naissance dressé en exécution d'une décision de l'autorité étrangère est indissociable de cette décision, dont l'efficacité reste subordonnée à sa propre régularité internationale. La Cour de cassation le rappelle pour les GPA dans l'arrêt du 3 juillet 2026 (§ 17).
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2 octobre 2024
Cour de cassation, 1re chambre civile
pourvoi n° 22-20.883
Exequatur d'un jugement étranger établissant une filiation après GPA
Le juge de l'exequatur doit pouvoir constater, par la motivation du jugement ou par des documents équivalents, que la mère porteuse a consenti à la convention et à ses effets sur ses droits parentaux.
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2 octobre 2024
Cour de cassation, 1re chambre civile
pourvoi n° 23-50.002
Effets de l'exequatur d'un jugement étranger de filiation après GPA
Quand un jugement étranger établit une filiation sans prononcer d'adoption et reçoit l'exequatur, la filiation est reconnue en tant que telle. Le juge français ne peut pas lui faire produire les effets d'une adoption plénière.
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14 novembre 2024
Cour de cassation, 1re chambre civile
pourvoi n° 23-50.016
Exequatur d'un jugement canadien, parent sans lien biologique
L'ordre public international français ne fait pas obstacle à l'exequatur d'une décision établissant la filiation d'un enfant né d'une GPA à l'égard d'un parent sans lien biologique avec lui, sous réserve du contrôle du consentement de la mère porteuse.
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3 juillet 2026
Cour de cassation, Assemblée plénière
pourvoi n° 24-50.028 (arrêt n° 692)
Exequatur d'un jugement de l'Ontario, deux pères
La prohibition de la GPA relève de l'ordre public international français, mais elle doit être conciliée avec le droit de l'enfant au respect de sa vie privée. L'exequatur est accordé, la filiation est reconnue telle quelle, et la décision peut être transcrite à l'égard des deux pères. La loi du 2 août 2021 n'a pas disposé du sort de cette procédure (§ 23).
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3 juillet 2026
Cour de cassation, Assemblée plénière
pourvoi n° 24-50.029 (arrêt n° 691)
Exequatur d'un jugement de l'Ontario, deux pères (seconde affaire)
Même solution, dans une affaire voisine : la filiation établie par le jugement étranger est reconnue en tant que telle et ne se transforme pas en adoption plénière.
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16 juillet 2020
Cour européenne des droits de l'homme
n° 11288/18
D. c. France
Le droit interne doit offrir une possibilité de reconnaissance du lien entre l'enfant et la mère d'intention, qu'elle soit ou non sa mère génétique (§ 54, cité par la Cour de cassation le 3 juillet 2026).
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31 août 2023
Cour européenne des droits de l'homme
n° 47196/21
C. c. Italie
L'impossibilité générale et absolue, pendant un laps de temps significatif, d'obtenir la reconnaissance du lien avec le père d'intention est une ingérence disproportionnée dans la vie privée de l'enfant (§ 53, cité par la Cour de cassation le 3 juillet 2026).
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Les questions tranchées

Étapes, acteurs, textes et délais
ÉtapeQuiTexte et délai
Transcription de l'acte de naissance (2019 et 2020)Cour de cassationart. 47 du Code civil (version en vigueur depuis le 3 août 2021)Décisions du 4 octobre 2019, 18 décembre 2019, 18 novembre 2020
Acte et jugement indissociables (2021 et 2026)Cour de cassationart. 47 du Code civil (version en vigueur depuis le 3 août 2021)Décisions du 3 novembre 2021 et du 3 juillet 2026
Exequatur du jugement étranger de filiation (2024 et 2026)Cour de cassationart. 509 du Code de procédure civile (version en vigueur depuis le 22 août 2004)Décisions du 2 octobre 2024, 14 novembre 2024 et 3 juillet 2026
Interdiction de la GPA et ordre publicCour de cassationart. 16-7 du Code civil (version en vigueur depuis le 30 juillet 1994)Décision du 3 juillet 2026

Ce que le texte ne dit pas

  • Aucune décision lue n'applique la phrase ajoutée à l'article 47 par la loi du 2 août 2021 à la transcription d'un acte qui désigne un parent d'intention.
  • Aucune décision lue ne porte sur un jugement américain. Les conditions de l'exequatur posées par la Cour de cassation valent pour toute décision étrangère, sans qu'un arrêt l'ait jugé pour les États-Unis.

Un avocat vérifie votre dossier. Cette fiche donne une information générale à la date du relevé. Un avocat en droit de la famille international vérifie l'état du droit au jour de votre demande.

Sources

Textes relus sur l'open data de la DILA (base LEGI). La liste complète est dans le registre des textes cités. Vérifié le 23 octobre 2026.

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